« Egalité » : France, encore un effort !

 

L’heure est aux revendications « égalitaires », au nom des « droits » de chacune et chacun. Nul ne saurait s’y opposer. Mais encore faut-il que l’avancée se fasse de manière globalement cohérente, soit véritablement pour toutes et tous.

Au nom de l’Egalité, principe fondamental de la République, on ne peut que souscrire au respect des droits des personnes, de tout sexe, de toute appartenance, de toute « communauté ». On ne peut à ce titre que condamner toutes les formes de violence sur quiconque, pourvu qu’elles soient réprimées au nom de la Loi, ce après enquête d’une justice indépendante, impartiale, respectueuse de ses principes et sa déontologie.

Sur cette base, nous voudrions attirer l’attention sur un des versants de la question. Notre cri d’alerte est d’abord celui d’hétérosexuels, qui assument cet état et cette identité, qu’ils conçoivent comme légitime, ni plus ni moins que d’autres. Il est également de fait celui de pères, en grande majorité, mais récuse toute assimilation à un militantisme sexué.

Alors, oui, pour ce qui est de l’« Egalité », beaucoup est encore à faire en faveur des femmes, notamment dans le champ social et le travail. Le secteur privé, en particulier, est très loin d’avoir résolu ses inégalités intrinsèques en la matière – les gouvernants ne l’ayant peut-être pas assez aidé à inventer une politique adaptée aux contraintes, par exemple, de la maternité. Dans le secteur public, la situation est meilleure : Justice et Education en particulier témoignent d’une parité plus importante, d’incitations plus fortes en sa faveur. Si cela est sans doute encore perfectible, on va là dans le bon sens.

Le sujet adulte, toutefois, ne saurait se définir par son unique implication dans le champ social et professionnel. Chacun peut aussi entretenir un espace privé, qui pour beaucoup prend la forme de la « famille ». Et c’est là qu’une inégalité, et disons-le, une injustice, existe. Depuis 30 ans au moins, suite à des séparations « conflictuelles », des milliers de pères non maltraitants sont privés, brutalement ou au fur et à mesure, de leurs enfants, c’est-à-dire de leur « chair », de leur avenir, de leur vie. La chose est vaguement sue, certes, mais n’éclate jamais publiquement et médiatiquement. Ces privations s’effectuent à coups d’ordonnances et d’arrêts parfois totalement inéquitables, qui s’arrangent juste parfois pour adopter le visage de l’équité – par exemple en maintenant une « autorité parentale conjointe », qui peut n’être dans les faits qu’un leurre, une formule. Répétons-le, ce constat n’a rien dans le fond du fond de « masculiniste ». Ou, s’il l’est, c’est en raison d’un état purement conjoncturel, de quelques dizaines d’années, qu’on ne voit pas pourquoi on ne pourrait, comme d’autres, souligner. Et encore, du reste : depuis peu, des mères rejoignent cette revendication, subissant elles aussi des privations incompréhensibles, au regard non seulement de l’amour qu’elles portent à leurs enfants, mais aussi et surtout souvent de la Loi elle-même. Certaines ont même le sentiment d’être les suprêmes dindons d’une vaste farce, sorte de « quota de mères spoliées », mis en œuvre là encore pour sauver les apparences de l’équité.

La situation nuit à la cohérence de la revendication égalitaire globale, qui ne saurait concerner que l’extériorité sociale, faisant comme si le sujet n’était déterminé que par elle. Pire, elle la rend suspecte de parti-pris. En attendant, elle crée de véritables victimes, victimes que sont évidemment ces parents bafoués dans leurs droits et leur vie la plus intime, pour ne pas parler des enfants, martyrs absolus de ces déchirements d’adultes inhumains.

L’ensemble des propositions que nous avançons depuis des mois sont les fruits de ce constat. Il n’est pas admissible que la « justice familiale », loin d’avoir essayé de résoudre ces difficultés, les ait parfois accusées, avec la plus grande brutalité. Il n’est pas admissible que le législateur ne soit attentif qu’à certaines revendications égalitaires, et pas à d’autres. Nous refusons d’être les « Pierres » déshabillés au nom des « Pauls » de l’affaire. Nous refusons d’être – fût-ce au nom de centaines d’années de « patriarcat », que justement nous dénonçons également – la génération sacrifiée sur l’autel de l’Histoire. Nous réclamons, nous aussi, ici et maintenant, aujourd’hui et demain, le respect de nos « droits d’Homme », de sujets et de parents, responsables et libres

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